Le blog de Julien Arbez

12/10/2023

L’avenir à la pelle

Rapidement aujourd’hui je vous emmène avec moi sur les traces de l’automne, visiter une prairie sèche et retrouver la mante religieuse, cet insecte qui a fait la part belle au précédent article.

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Nouvelles rencontres, même coin enherbé, nouveaux individus, peut-être.

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Certaines mantes marchent au sol dans une succession d’hésitations feintes, histoire de ne pas trop attirer les oiseaux et leur bec de la fin du monde…

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D’autres patientent sur des tiges de chardons ou de graminées, patiemment, immobiles, discrètes et courageuses.

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Les heures passent, le soleil baisse, puis le ciel s’enflamme. Ma préférée est toujours là, sur sa tige, à attendre son prochain repas. Je serai moins patient qu’elle !

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Suivez-moi, nous continuons la promenade découverte en tourbière, à l’heure où les bouleaux se parent de leurs plus belles couleurs, soulignées par la rosée du matin.

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Les phragmites sont devenus précieux,

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les bouquets de saules nagent dans un écrin de joaillerie.

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Dans les vapeurs ondulantes, les oiseaux lancent timidement quelques strophes, quelques syrphes bourdonnent ça et là…

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Plus haut la forêt aussi a revêtu son manteau de couleurs, mais d’ici on ne voit presque que les épicéas qui pointent vers le ciel clair, toujours clair, toujours trop clair…

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Dans ces forêts, les cerfs, abattus par tellement de fatigue, lancent leurs derniers raires qui résonnent dans les combes.

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Après une nuit sur place, je me cache, cagoulé, au pied d’un petit épicéa dans un vallon assez clair empli de fumées noires. Les fumées, ce sont les crottes de cerfs. J’attends… J’attends… ce sera sans doute mon dernier affût de la saison du brame. Un daguet,

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Puis deux daguets…

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Et enfin la belle surprise, celle qui me fait frémir, qui me conforte dans mon choix d’être venu dormir sur place et de m’être levé… tôt !

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Pour terminer je vous prête une loupe et vous invite à vous coucher, là, au ras du sol. Jetez un œil sur ces petites mouches qui s’agitent sur et sous les chapeaux des champignons.

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Je ne connais pas leur nom, elle savent pourquoi elles sont là. Il suffit de jeter un œil par en-dessous entre les lamelles des champignons blancs :

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Un tas de petits œufs oblongs, mal rangés, tapissent le dessous du chapeau. Dans quelques heures, quelques jours, naitront les asticots qui creuseront leurs galeries labyrinthiques.

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Alors le champignon sera comestible, gage de survie et d’avenir. Comme le sera également la vesse de loup,

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La plume tombée de l’aile de l’oiseau, qui se fera dévorer par une myriade de mini bestioles et de mini-champignons. Ainsi va la vie.

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Toujours, toujours avancer.