Altitudes

Dans ce petit article vous voyagerez du Haut-Jura à la Bresse, du pays des forêts d’épicéas à celui des étangs poissonneux. Commençons par retourner rendre visite aux pies-grièches que je continue d’affûter en ce moment encore. Fidèle au Rendez-vous, le mâle du précédent article me rend quelque fois visite, à raison d’une fois toutes les deux ou trois heures environ.

pie-grièeche écorcheur jura

C’est peu cher payé je vous l’accorde, mais lorsque Monsieur débarque, la scène peut mériter des clichés !

pie-grièeche écorcheur jura

Ce matin-là, c’est à 8h55 qu’il arrive, une sauterelle verte dans le bec. Ni une ni deux, voilà le gros insecte lardé (empalé) sur un arbre mort transformé en restaurant pour l’occasion. Une superbe scène à laquelle j’assiste dans le plus grand silence, caché derrière mon filet de camouflage installé depuis presqu’un mois.

pie-grièeche écorcheur jura

Une fois l’insecte avalé, l’oiseau repartira se percher sur les arbustes des alentours en poussant de petits cris qui m’indiquent sa localisation.

pie-grièeche écorcheur jura

Ce matin-là, c’est à peine plus tard, à 9h15, qu’arrive la pie-grièche. Non pas sur son perchoir habituel, mais sur une autre fine branche partant d’un sureau dénudé.

Juste le temps de faire quelques images et voilà la pie-grièche qui s’envole. Peut-être a-t-elle repéré un insecte en contre-bas ?

Parfois, j’entends des jeunes qui quémandent leur nourriture. Malheureusement ils sont toujours un peu loin. Je préfère les laisser tranquilles et peut-être venir à moi lorsqu’ils prendront de l’assurance.

pie-grièeche écorcheur jura

200 mètres plus haut en altitude, dans le Massif du Noirmont, les jeunes marmottons aussi sont de sortie. Ce matin ils sont apparus presque une heure et demie après le premier rayon de soleil. La grasse matinée était de rigueur !

marmottes jura

Après une courte séance de jeux devant les terriers, les marmottes se sont un peu dispersées pour vaquer chacune de leur côté à leurs occupations. Gymnastique et étirements pour certaines,

marmottes jura

bronzette en sous-bois pour d’autres.

Puis est venu le temps du cassage de croûte, entre prés ensoleillés et forêt à la lumière tamisée.

marmottes jura

Une nouvelle fois, j’ai eu la chance de faire des images avec une ambiance forestière qui me plait beaucoup. Il faut dire que j’ai un peu « oublié » les marmottes de la prairie pour me concentrer sur celles qui fréquentent le sous-bois… Ce matin encore, je nage dans mon élément !

marmottes jura

marmottes jura

A propose de nager, je vous emmène pour terminer dans un grand étang de la Bresse bourguignonne. Situé à la limite des départements de la Saône et Loire et du Jura, je connais bien cet étang pour être souvent venu y faire de l’affût flottant. J’y retourne au lever du jour pour prendre des nouvelles, entre autres, des martins-pêcheurs et des jeunes de l’année.

Mais les fortes chaleurs et le manque d’eau qui sévissent depuis plusieurs semaines ont habillé la surface de l’étang de milliers de châtaignes d’eau qui rendent ma progression difficile. Elles sont tellement envahissantes que parfois je suis coincé, les jambes prises par les tiges aquatiques, et suis obligé de faire pas mal de remous pour me dépatouiller du piège en eaux troubles…

Les feuilles qui roupillent à la surface de l’étang sont mises à contribution par toute une population de grenouilles vertes qui viennent prendre leur bain de soleil.

grenouille verte

grenouille verte

Je rencontrerai quelques martins-pêcheurs que je ne parviendrai pas à approcher correctement tant mes mouvements sont rendus difficiles. J’ai mal aux coudes avec lesquels je prends appui, mes jambes sont retenues par les plantes, il fait vraiment très chaud sous mon affût et, pour couronner le tout, une vingtaine de moustiques s’est invitée sous ma toile !

martin-pêcheur étang bresse

A la fin d’une journée chaude et très sèche, ce sont deux pigeons ramiers qui viennent à la queue de l’étang pour s’abreuver. Comme une petite récompense après 7 heures d’affûts cumulés sur la journée.

pigeon boit

Ca faisait presque deux ans que je n’avais pas refait affût flottant. Depuis la dernière fois, il était resté accroché au mur dans le hall d’entrée. Même si je n’ai pas fait les observations escomptées, je suis heureux d’y être retourné et de m’être donné la peine de revisiter cet étang.

nymphéa blanc etang jura

Et puis quand les oiseaux ne se laissent pas photographier, les nénuphars, eux, acceptent volontiers !

nymphéa blanc etang jura